Bond est de retour... dans Santa Barbara

 PaBonnie Siegler, Soap Opera Update, 1990

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«C'est une question intéressante...» souligne Steve Bond. «Je ne projetais vraiment pas du tout de retourner dans un soap. Quand ce rôle a été proposé, il est vraiment bien tombé, vous comprenez ?» Il reprend un peu de salade et regarde vers son interlocutrice quelque peu sceptique devant son emphase. L'ancien acteur d'Hôpital Central s'assied dans sa loge du studio de NBC, prenant aimablement du temps en plus de sa coupure de déjeuner pour expliquer son retour au soap dans le rôle de MacKenzie Blake, nouveau résidant de Santa Barbara. «J'ai senti que c'était une série de qualité et j'ai pensé que Mack était un personnage multidimensionnel. Je ne peux pas l'expliquer autrement que par le fait que tout en moi a dit "fais-le". C'est vraiment bien tombé.»

L'acteur de 36 ans, habillé en jeans, pull-over, santiags et portant une boucle d'oreille, est incroyablement beau, avec des yeux bleus et un profil à se damner, grâce à son héritage européen. Je n'ai certainement pas été préparée au charme, à l'intelligence et à l'honnêteté qui a dominé et été au centre de notre heure ensemble. Il est difficile de croire que ce mari et père est plus attirant en personne que Jimmy Lee Holt l'ait jamais été pendant ses quatre années dans Hôpital Central. Mais depuis les deux derniers mois, Bond joue Mack Blake, le sardonique professeur de gymnastique et frère de Gina DeMott dans Santa Barbara.

A quoi cela ressemble-t-il de travailler avec Gina, alias Robin Mattson ? «Oh, elle est géniale !» répond-il rapidement. «Nous avions l'habitude de travailler ensemble dans Hôpital Central, donc le fait que nous jouons le frère et la soeur est fantastique. Nous avons une histoire... nous avons un passé et il n'y a pas cette période de lune de miel où vous devez découvrir où vous en êtes avec un autre acteur. A nous deux, nous pouvons nous jeter à l'eau et jouer une relation de longue date. Nous nous ressemblons dans la manière dont notre énergie agit. Je trouve Robin très passionnée, c'est une actrice qui démarre au quart de tour... les choses roulent toutes seules. Et j'ai essayé de maintenir le même niveau dans la manière selon laquelle Mack ressent les choses. Quand Gina et Mack se disputent... il y a cette passion. Ils ont des rythmes similaires... j'aime ça. Juste la frustration d'avoir un certain genre... ce qui est certainement une grande similitude entre leurs caractères. Mais je pense que le coeur des personnages est très différent. Mack est fondamentalement bon. Bien sûr, il a eu des ennuis et a utilisé la bonté des femmes pour le dépanner, mais il ne porte aucune hostilité. Gina porte de l'hostilité envers tout le monde.»

Même si le scénario réclame une tension considérable entre les frère et soeur, Bond rationalise cette situation comme s'il défendait sa soeur dans la réalité. «Beaucoup de la tension provient du fait que Mack obtient la majeure partie de l'attention. Il était le favori de son père. Le rapport de Gina avec sa mère, qui maintenant est jouée par Stella Stevens, est terrible. Et Mack est en mesure de rendre les choses plus faciles que Gina... Je pense qu'il tire profit de Gina. Je ne jouerais pas ce personnage de façon très sérieuse parce que je pense que si je le faisais, ça n'irait nulle part... Il n'y a aucune ambivalence dans le personnage. Ainsi si ce gars est vraiment charmant, drôle, peu importe, quand il y a un changement, cela apparaît très clairement. Autrement, il est juste monotone. C'est ce que j'aime au sujet de Santa Barbara; ils vous laissent avoir cette humour... pour apporter ce charme au travail.»

On ne peut pas s'empêcher de remarquer la confiance de l'acteur en expliquant son style de jeu. D'abord centre de l'attention des téléspectatrices de soaps dans le rôle de Jimmy Lee Holt, le bourreau des coeurs d'Hôpital Central, Bond gagne déjà de nouvelles fans à sa nouvelle adresse. Pouvez-vous comparer les deux soaps ou vos deux personnages ? «Jimmy Lee contre Mack... Je ne sais pas. Jimmy Lee est une sorte de brouillon pour moi. N'est-ce pas amusant ? Avec le recul, Jimmy Lee était beaucoup plus intense. Mack est le genre de type qui essaye de réagir aux choses avec un sens du charme, de l'humour, (il) essaye de prendre les choses à la légère. Ne vous méprenez pas sur mes dires. Il a de l'intensité et de la colère, mais elles sont très sous-jacentes." Pause. «Travailler sur Santa Barbara par rapport à Hôpital Central ? Eh bien, Hôpital Central était à cette époque un endroit très sous pression pour travailler... très intense. Santa Barbara est de loin plus détendu. Ils m'ont donné beaucoup plus de liberté avec mon personnage... plus d'explorationniste. ...Est-ce que ce mot existe ?» Avant que je puisse consulter le dictionnaire, il rit. «Je pourrais être illettré, mais illettré dans quatre langues.»

Originaires de Haïfa, en Israël, Steve et sa famille se sont installés à Los Angeles, où ses rêves de jouer de merveilleuses aventures fantastiques sont devenus réalité. À l'âge de 12 ans, Steve a joué "Boy" dans trois films de Tarzan. Par la suite il est apparu dans Don't Just Stand There et dans le rôle du personnage de Kirk Douglas enfant dans L'Arrangement. Steve a trouvé le temps de se livrer à une autre fantaisie en devenant cowboy de rodéo sur taureaux. Un accident a rapidement stoppé ses ambitions de cowboy. Entre autres choses, il a souvent participé au Little Britches Rodeo, et comme son personnage actuel, est un fervent adepte de culture physique. Pendant son temps libre loin des soaps, Bond s'occupe en tournant des films de cinéma.

Qu'aime-t-il exactement dans les soaps, me suis-je demandée ? «Je ne sais pas,» dit-il, voulant exprimer ses inquiétudes. Il semble vouloir dévoiler quelque chose derrière sa beauté ciselée - quelque chose de plus vrai et vulnérable - des humeurs, des besoins, de l'insécurité. «J'aime le fait que c'est un challenge, de l'action dialoguée, et c'est un défi pour moi de le rendre intéressant et différent. Mais c'est aussi ce que je n'aime pas à ce sujet. Dans un film, un acteur vous emporte à travers les expériences du personnage en vivant ces expériences sur l'écran avec le public. Dans les soaps, nous parlons des choses et ne pouvons pas vous emporter nulle part parce que nous n'allons nulle part. C'est le plus grand défi... de faire comme si vous alliez dans des endroits alors que vous n'y allez pas. Le soap est une expérience cérébrale, alors que le cinéma est une expérience visuelle. C'est comme la différence quand deux personnes se réunissent et qu'il y a cette passion, par opposition à ne faire qu'en parler. Donc créer cette excitation dans un soap est pour moi un grand challenge.»

Nous sommes ensuite revenus sur les premières expériences d'acteur de Bond. En en ayant l'occasion, récrirait-il un chapitre dans sa vie ? «Je ne pense pas que j'aurais gaspillé tant d'années sur de mauvaises bases.» Avec diplomatie, je lui demande d'expliciter son idée. "Vous voulez que je sois plus précis, hein ? Il y a eu plusieurs années où j'ai été, pour le dire poliment, destructeur vis-à-vis de mon corps. Je pense que le jour où j'ai cessé de boire, j'ai obtenu un boulot d'acteur une semaine plus tard, et je n'ai pas arrêté de travailler depuis. J'aurais juste aimé avoir cessé de boire cinq ans plus tôt. La roue a commencé à tourner à partir de là...»

C'est une période de transition pour Steve Bond. Célébrant son septième anniversaire de mariage avec son épouse Cindy aujourd'hui, il réfléchit sur sa signification personnelle du succès. «Peu importe que soient vos rêves, il faut les vivre. Nous en avons tous et je pense que les poursuivre est la chose la plus importante dans nos vies. Ce n'est pas l'accomplissement qui marque le succès, parce que l'accomplissement est simplement provisoire. Mais particulièrement dans mon métier, les rêves et les buts sont continus. ...Un autre projet, un autre contrat, un autre film, une autre série télé, peu importe ce que c'est. Etre à la poursuite de cela est la chose la plus importante dans ma vie en plus de ma famille. Accomplir ou réaliser un but ou un rêve est merveilleux... C'est comme un cadeau. Avoir la force et le courage d'avoir un rêve... ça doit en soi être suffisant, parce que c'est la seule chose que vous pouvez réellement commander. Tout le reste va et vient de la main de quelqu'un d'autre.»