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Sydney Penny : «B.J. a été un défi à jouer.»

 Par Nicolas, en exclusivité pour Santa Barbara : le site Français, septembre 2009

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Le 11 septembre dernier, Sydney Penny a accepté de prendre sur son temps pour répondre en exclusivité aux questions de Santa Barbara : le site Français. L'actrice parle de ses débuts, des années Santa Barbara en tant que B.J. Walker, et enfin de sa carrière depuis la fin de la série.

Les débuts avant Santa Barbara

Tout d'abord, parlez-nous un peu de vous : quel âge avez-vous aujourd'hui ? Où vivez-vous ? Comment va votre famille ?

J'ai 38 ans à présent. Mon mari, Robert Powers, et moi vivons en Caroline du Nord avec notre fils, Chasen qui a deux ans. Nous apprécions vraiment vivre ici. L'Amérique est plein de magnifiques endroits et de gens formidables, but c'est l'un des meilleurs coins.

Afin de mieux vous connaître, qu'avez-vous apporté de vous-même au personnage de B.J. ?

B.J. a été un défi à jouer, du fait que sa psyché a été autant endommagée par les abus dont elle a fait l'objet de la part de son parrain. Heureusement, ce n'est pas quelque chose avec lequel j'ai eu à faire face dans ma propre vie, mais j'ai été proche de certaines personnes pour qui ça a été le cas, donc j'ai essayé de raconter leurs histoires en incarnant B.J.. La seule façon dont B.J. et moi étions similaires était qu'elle était écrivain, comme je le suis, et nous étions toutes les deux en train de découvrir comment devenir adultes. J'ai aussi rencontré mon mari sur le plateau de Santa Barbara, juste de la façon dont B.J. a trouvé son mari, Warren.

Vous avez commencé votre carrière d'actrice très jeune et vos premiers succès sont très célèbres en France (Les Oiseaux se Cachent Pour Mourir, Bernadette, La Passion de Bernadette...). Comment avez-vous commencé dans le métier ? Pouvez-vous nous parler un peu de ces premiers grands succès ?

Mes parents étaient des artistes musiciens et mon père était aussi comédien. Ca a été naturel pour moi de monter sur scène. Mes premiers projets en tant qu'actrice m'ont apporté un grand enseignement et m'ont permis de travailler avec certains des grandes stars et réalisateurs de notre industrie, en Amérique aussi bien qu'en Europe. J'ai appris quelque chose de chacun d'entre eux : comment jouer; comment être professionnelle; comment apprécier ce que je fais et trouver l'équilibre avec ma vie personnelle; et probablement quelques trucs que je n'ai pas encore réalisés !

Il semble que mon début de carrière a été marqué par des pièces d'époque, des costumes et des perruques, tout comme par jouer de jeunes femmes qui soit tombaient amoureuses de prêtres ou de prêcheurs (Les Oiseaux se Cachent Pour Mourir et Pale Rider, le Cavalier Solitaire), soit connaissaient des expériences religieuses (les films Bernadette). Cela m'a poussée à explorer les motivations enfouies en profondeur chez une personne (la sexualité, le désir, la peur) aussi bien que ses aspirations (la spiritualité, l'harmonie, l'amour). Freud a défini ces lieux comme l'inconscient et le subconscient.

Vous parlez un français parfait ! Où et quand avez-vous si bien appris notre langue ? Pratiquez-vous toujours le français régulièrement ?

(Sydney répond en français) Lorsque Jean Delannoy, le réalisateur de Bernadette, m'a demandé de jouer le rôle principal dans son film sur la Sainte, j'ai dû voyager en France pour le tournage, ce dont j'avais rêvé depuis longtemps ! Dès que je suis arrivée avec ma famille à Paris, le producteur m'a informée qu'on allait faire le film dans deux versions : en français et en anglais. Donc, j'ai dû apprendre mes répliques mot par mot avec un coach, Martha des Cars, la femme de l'auteur Guy des Cars. Comme j'avais déjà étudié l'espagnol,  j'ai appris à parler très vite et Martha m'a encouragé à continuer mes études, et je l'ai fait. Je suis retournée en France pour faire la suite, La Passion de Bernadette, l'histoire de sa vie au couvent à Nevers (amusant de passer six semaines au couvent, je vous assure !), et on n'a fait le film qu'en version française. Cela a renforcé les cours que j'avais pris au lycée.

Pendant deux ou trois ans j'ai fait des traductions pour un site sur l'industrie du film en France, après y avoir travaillé encore pour la série Largo Winch qu'on a tournée à Paris et à Montréal. Mon accent devenait un mélange de ces deux influences ! J'ai tellement aimé vivre et travailler dans ces deux villes merveilleuses où j'ai déjà beaucoup d'amis et j'ai hâte d'y retourner pour un film encore un jour.

 

La période de Santa Barbara

Comment avez-vous débuté dans Santa Barbara ? Aviez-vous déjà regardé la série auparavant ?

Je n'avais jamais regardé Santa Barbara précédemment. En fait, je n'avais jamais regardé aucun soap et j'avais juré que je ne jouerais jamais dans un. Amusant comment arrivent les choses.

Comment B.J. vous a-t-elle été présentée au début ?

J'avais à l'origine auditionné pour le rôle de Lily, mais je n'étais pas bonne pour le rôle que Paula Irvine a fini par jouer. Les détails de la vie de B.J. étaient gardés secrets, donc je n'étais pas vraiment sûre pour quel genre de rôle j'auditionnais, mais cela s'est bien passé !

Vous avez dû jouer B.J. au début comme un garçon, puis plus tard comme une victime de viols. Comment avez-vous réussi à vous mettre dans la peau d'un personnage aussi torturé et victime de souffrances ?

Comme je l'ai mentionné plus tôt, j'ai eu la chance d'avoir des personnes proches de moi qui ont partagé leurs expériences avec moi, donc j'ai eu cette connaissance, tout comme des informations de la part d'une organisation appelée ChildHelp. Le meilleur cadeau que vous pouvez recevoir en tant qu'acteur, une fois que vous avez fait votre préparation, est d'avoir un bon scénario et pour ça j'ai été chanceuse. Ca a été un énorme challenge, mais je l'ai beaucoup apprécié.

B.J. est arrivée quelques jours après son frère Sawyer et ses parents. Jouer des membres d'une même famille dans une série crée-t-il des relations particulières entre acteurs ?

Nous étions une famille bizarre. Aucun de nous ne se ressemblait vraiment, ce qui fait sens puisque je n'étais pas vraiment l'enfant de Reese et Jodie, mais l'enfant de l'amour de Jodie et Cruz. Je vois toujours Eric Close de temps à autres en ville, tout comme Kim Zimmer. Nous nous apprécions tous les uns les autres vraiment beaucoup.

B.J. commence déguisée en garçon au lycée, s'avère victime de viols durant son enfance, retrouve ce terrible violeur, est plus tard accusée de son meurtre, et surtout connaît une belle et longue histoire d'amour avec Warren Lockridge. Quelles ont été vos intrigues préférées et celles que vous avez particulièrement détestées ?

J'ai aimé chaque partie de l'intrigue, ce qui est inhabituel ! Bien entendu, même si j'ai été dans beaucoup d'histoires, j'ai été dans la série seulement pour moins d'un an, donc ce n'est pas difficile de maintenir un arc pour ce laps de temps. Je me rappelle avoir été un peu fatiguée de porter cette robe orange pendant des semaines sur la fin. Vous vous rappelez celle que j'avais sur moi quand j'ai tiré sur Frank à l'hôtel ? J'ai dû porter cette robe pendant six semaines d'affilé !

Quels ont été vos partenaires de jeu masculin et féminin préférés en tant que B.J. Walker ?

J'ai eu certains des meilleurs acteurs avec qui jouer ! J'ai toujours admiré la grande capacité comique de Jack Wagner et la profondeur émotionnelle incroyable d'A Martinez. Kim Zimmer est une véritable pile électrique devant et derrière la caméra.

Vous avez été l'une des actrices à connaître le tout dernier épisode de la série. Quand avez-vous appris que Santa Barbara allait définitivement se terminer ? Que pensez-vous aurait pu le sauver ?

Histoire amusante. Ils nous ont tous appelés à venir sur le plateau un jour et dit : «Merci, les gars vous êtes supers, mais la chaîne annule la série.» Nous sommes alors tous repartis et avons continué à tourner la série chaque jour pendant une paire de mois et avons fait une énorme fête d'adieux.

Avance rapide quelques années plus tard et je travaille sur Sunset Beach dans exactement le même studio. Je remplaçais Meg Ward qui tournait un film, donc j'étais juste là pour quelques semaines. Un jour on nous appelle pour venir sur le plateau. Tout le monde est là, dont des gens de la chaîne qui disent : «Merci, les gars vous êtes supers, mais la chaîne annule la série.» C'était du déjà vu !

Quel a été votre meilleur souvenir de la série, sur un plan relationnel et professionnel ?

Il y avait beaucoup de jeunes acteurs dans la série à ce moment-là et hors écran nous nous regroupions souvent ensemble pour jouer au billard à Hollywood. Les membres de la distribution et de l'équipe étaient tous très attentionnés vis-à-vis des uns et des autres et il y avait une sincère affection. Cela a incontestablement été le cas pour mon mari et moi !

Etes-vous restée en contact avec des membres de la distribution ou de l'équipe après votre départ ?

J'ai eu l'opportunité de travailler avec quelques membres de notre équipe à nouveau sur Sunset Beach, et j'ai travaillé de nouveau avec Jack Wagner dans Amour, Gloire et Beauté / Top Models. Il semble que tout le monde ait été dans Santa Barbara à un moment, donc ça me fait comme si je rencontrais toujours d'anciens collègues sur les plateaux !

 

Ces 16 dernières années après Santa Barbara et maintenant

Vous avez joué dans des daytime soap-operas, des séries de prime-time, des films, des pièces de théâtre... Quelle différence faites-vous entre tous ces genres de programmes en tant qu'actrice ? Lequel d'entre eux préférez-vous ?

J'ai toujours préféré les films à n'importe quoi d'autre. J'aime l'aspect visuel du matériau et le temps qu'il vous accorde pour développer un personnage, mais les soaps offrent une place sûre pour affiner son jeu, pour essayer de nouvelles choses et pour faire partie d'une communauté qui est comme une famille. Il y a de bons aspects dans chacun d'eux.

Après Santa Barbara, nous vous avons vu en France dans Largo Winch et Amour, Gloire et Beauté (The Bold and the Beautiful), mais nous sommes passés à côté de votre rôle de longue durée dans La Force du Destin. Pouvez-vous revenir sur les années suivantes de votre carrière après la fin de Santa Barbara ?

Après que Santa Barbara se soit terminé, je suis allée jouer le rôle de Julia Santos dans La Force du Destin. J'ai déménagé à New York et j'ai passé trois ans là-bas. Ca a été un programme chargé et j'ai à peine vu New York, mais super expérience. Après ça je suis retournée à Los Angeles et tourné une série appelée Hyperion Bay pour WB Network. Elle a duré un an et après ça j'ai obtenu un rôle dans Beverly Hills et travaillé sur Sunset Beach pendant une courte durée, puis ça a été Largo Winch.

Avez-vous des projets pour cette année ?

J'écris beaucoup et cette année j'ai réalisé une publicité également. Mon fils a été mon principal projet, comme l'industrie du divertissement souffre de la mauvaise économie et des conflits syndicaux. Je m'attache à tenir tout le monde au courant de ce qui m'attend sur ma page de fan sur Facebook.

Que voudriez-vous dire à tous les fans de Santa Barbara à travers le monde ?

Je suis si heureuse d'avoir fait partie d'une série qui a touché autant de monde. J'apprécie beaucoup votre intérêt et votre soutien et je vous souhaite bonne chance dans tous vos projets aussi !

 

Encore tous mes remerciements à Sydney Penny pour sa disponibilité et sa simplicité.